Plus d’un siècle d’observation spatiale au Mount Wilson Observatory [en]

L’équipe scientifique du consulat Général de France de Los Angeles, Pascal Loubière et Maëlys Renaud, a visité le 21 janvier 2020 le Mount Wilson Observatory, situé sur les hauteurs de Pasadena, à 1740 m d’altitude, à l’occasion de la mission de travail sur place de chercheurs français du laboratoire d’Etudes Spatiales et d’Instrumentation en Astrophysique(LESIA) de l’Observatoire de Paris (Meudon, France) et du Laboratoire Lagrange de l’Observatoire de la Côte d’Azur (Nice, France). Denis Mourard, astronome à l’Observatoire de la Côte d’Azur, a rappelé les heures glorieuses du Mount Wilson Observatory et mis en lumière les nouveaux développements en cours d’installation.

Pendant la première moitié du XX siècle, le Mont Wilson était l’observatoire le plus célèbre au monde. Les plus grands télescopes y ont été construits, et l’évolution de leurs conceptions ont changé la façon de faire de l’astronomie. Les observations réalisées ont permis quelques-unes des découvertes qui ont révolutionné notre compréhension de notre place dans l’Univers. En 1918, Harlow Shapley a mesuré la taille de la galaxie de la Voie lactée et a situé notre position dans celle-ci, loin du centre. Puis Edwin Hubble a prouvé, en 1928, que les mystérieuses nébuleuses spirales, sur lesquelles les astronomes avaient spéculé pendant des décennies, étaient en fait des galaxies lointaines semblables à la nôtre. Puis, Hubble, associé à Milton Humason, a démontré à la fin des années 20 que l’Univers était en expansion. C’est cette découverte qui a conduit quelques décennies plus tard à la théorie du Big Bang. Ainsi, le mont Wilson est véritablement un lieu exceptionnel, que le public peut aujourd’hui visiter (information ci-dessous).

Ⓒ Maëlys Renaud

Désormais, les installations historiques ont été complétées par le réseau CHARA en 2004. Ce réseau interférométrique optique de six télescopes de la Georgia State University est installé afin d’obtenir une disposition bidimensionnelle qui offre une très grande capacité de résolution.

Les deux laboratoires français précédemment cités - LESIA et Lagrange - font partie du consortium CHARA - auprès de partenaires américains, anglais, australiens et japonais, et ont grandement contribué à l’apport de matériel et d’expertise, et par la conduite de projets de recherche, notamment grâce à des financements du CNRS et de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

L’instrument VEGA, installé au CHARA Array, fournit des capacités interférométriques aux longueurs d’onde visibles, y compris des mesures spectroscopiques et polarimétriques à très haute résolution angulaire.
FLUOR est un combinateur de faisceaux à deux éléments qui fournit des données interférométriques de haute précision utilisées pour mesurer les pulsations stellaires et sonder les environnements intérieurs entourant les étoiles. L’instrument est actuellement en cours de modernisation pour offrir des performances supérieures.

Le CHARA Array est applicable à des questions dans presque tous les domaines de l’astronomie contemporaine et permet notamment d’obtenir des vues des étoiles sans précédent, grâce à la mesure d’éléments tels que la distance, leur diamètre, leur masse et leur luminosité, ou les tâches et les éruptions à leur surface. C’est sans doute l’instrument le plus puissant de son genre dans le monde.

Les projets de recherche mis en œuvre au Mont Wilson portent sur la détection de systèmes planétaires, l’imagerie d’étoiles en formation et l’étude de phénomènes transitoires brillants comme les novae. Ces découvertes permettront de continuer à répondre aux questions fondamentales : d’où venons-nous ? D’où vient l’univers ? Qu’est-ce que l’espace et le temps ?

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Dernière modification : 03/03/2020

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